Klik & Frik (Argentine)

Répétez-le plusieurs fois, et vous finirez par le prononcer correctement : Nyokobop ! Le festival de musique revient à Paris pour une troisième édition jusqu’au 7 décembre. L’événement poursuit son exploration des musiques du monde pour nous faire écouter la planète autrement.

Comment ? Au travers d’un cycle de programmation de concerts, soirées, DJ sets, projections et rencontres.

Et pour la première fois, Nyokobop s’exporte en dehors des murs du Hasard Ludique, dans le 18ème arrondissement, et nous donne rendez-vous au musée du quai Branly pour une soirée au cœur du sound system mondial le 29 novembre !

Hasard Ludique à Paris

Hasard Ludique à Paris

Mais en fait, “musique du monde”, ça veut dire quoi ? Elle ne serait pas un peu autocentrée cette expression ? « C’est un fourre-tout bigarré de toute la création musicale venue d’ailleurs. Une mise à distance héritée d’un passé colonialiste qui renvoie une image archaïque et ne reflète pas la réalité de la création musicale actuelle », nous explique les organisateurs de Nyokobop.

La précision est faite, on peut maintenant s’intéresser à la programmation ! Cette année, un focus tout particulier sur les scènes urbaines et électroniques mettra en valeur des projets aux influences multiples, sans étiquette ni frontière, qui créent de nouvelles combinaisons audacieuses.

Mando-trap, kwaito-house, Gqom ou encore électro sabar… Nyokobop célèbre l’ère d’une musique globale dont l’épicentre se déplace de l’Occident vers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Amérique latine.

L’Amérique latine justement. Alterlatine a repéré trois artistes venus de ces contrées. Et ils ont tous en commun de faire fusionner les sons de leurs origines avec la musique électronique.

Dengue Dengue Dengue, l’électrocumbia imbibée d’ayahuasca

Commençons par Dengue Dengue Dengue, du Pérou. Oui, oui, c’est bien le nom de la grippe tropicale transmise par les musiques, mais, « dengue », c’est aussi le mot qui représente la pulsion de la fête. « À Lima, quand tu veux sortir, tu dis que tu as la dengue ! », expliquent Felipe Salmón et Rafael Pereira, les deux péruviens qui forment ce duo.

Dengue Dengue Dengue (Pérou)

Dengue Dengue Dengue (Pérou)

Dengue Dengue Dengue est depuis quelques années l’un des grands noms du panorama électronique latino-américain. C’est l’incarnation même de l’électrocumbia, avec des morceaux en points d’union entre la musique de club et la cumbia.

La volonté qui les guide est « d’explorer des rythmes nouveaux provenant de différentes régions du monde. Nos influences nous arrivent de partout ! » Nyokobop, le festival qui se veut représentant des musiques hybrides et métissées, ne pouvait pas mieux choisir cet invité !

On les retrouvera donc le 9 novembre au Hasard Ludique. Vous ne pourrez pas les louper : Felipe et Rafael ne sortent jamais sans leurs masques aborigènes. Ils seront également enveloppés de projections abstraites à mi-chemin entre le psychédélique et l’esthétique indigène. Tout est fait pour « emmener le public dans un espèce de voyage spatial assaisonné d’ayahuasca (boisson indigène d’Amazonie qui procure des hallucinations assez balèzes) ». Vous nous en direz des nouvelles !

Hasard Ludique à Paris

Hasard Ludique à Paris

Klik, à la rescousse de musiques oubliées

Dans le genre voyage mystique, Nyokobop accueillera aussi l’argentin Klik, le 7 décembre. Si vous entrez en transe, il sera impossible de savoir si c’est dû aux rythmes qui insistent pour faire danser votre corps, ou bien à la nature chamanique des musiques sud-américaines.

Car Klik & Frik (ce soir-là, Klik jouera seul), c’est le mélange de musique électronique et traditionnelle latina. Mais attention : un mélange réussi ! Un vrai dialogue entre le continent sud-américain et l’électro.

Klik & Frik (Argentine)

Klik & Frik (Argentine)

Rafael Caivano et Lisandro Sona cherchent à « revaloriser des musiques et des styles que la contemporanéité a tendance à oublier. Il y a des musiques sublimes partout dans le monde et la jeunesse ne les écoute plus. La musique électronique leur donne une chance de revivre ! ».

En effet, Rafael vient de Provincia de la Pampa, « un village argentin de 7000 habitants, qui rime avec vaches et petits oiseaux » ; tandis que Lisandro est de Jujuy, également en Argentine, un endroit « qui ressemble à la grande ville de Mexico, en bien plus petit ».

Et ce sont peut-être ces origines qui poussent le duo à vouloir se défaire de la perception d’isolement, et davantage se concentrer sur la notion de communauté. « Notre musique cherche à reconnecter les individus avec quelque chose de plus grand. »

Montoya, la cuisine électro aux multiples saveurs

On a vu les Péruviens et les Argentins ; il nous manquait le Colombien : Montoya. Les origines de cet artiste se retrouvent généreusement dans sa musique.

Montoya (Colombie)

Montoya (Colombie)

Salsa, cumbia, champeta (musique populaire et très énergique de Colombie), et même un peu de reggaeton se distinguent dans ses morceaux. Tout cela avec la rigueur d’un jeune homme qui est entré dans la musique par une formation de violoniste classique.

Pour ce compositeur, producteur et DJ, l’écriture de morceaux a beaucoup à voir avec son amour de la cuisine : « J’aime la façon dont certains chefs font des combinaisons qui vous font penser que vous êtes fou. J’aime m’imaginer comme un chef qui choisit ses ingrédients – dans mon cas, les voix indigènes, la techno et l’IDM (Intelligent Dance Music, genre de musique électronique influencé par la musique dance, la techno et le breakbeat) – et essaie de les combiner. »

Ce cuistot de l’électro passe encore inaperçu en Amérique latine, surtout dans son pays natal, la Colombie. Il a en effet largement développé sa carrière en Italie et fait résonner ses notes en Europe. Mais le 7 décembre, c’est bien la force des montagnes des Andes, mélangées aux traditions populaires et tribales et à la culture européenne, que le public de Nyokobop pourra expérimenter.

Plus d'infos

www.lehasardludique.paris

 

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