« Los misterios » une exposition de Sandra Vásquez de la Horra

Si vous êtes de passage à Paris cet été, ne ratez pas l’exposition de Sandra Vásquez de la Horra, artiste chilienne – née à Viña del Mar en 1967 – mais installée aujourd’hui à Berlin, en Allemagne.

Les dessins de Sandra sont le résultat d’un savant mélange de différentes cultures et de leurs mythes, religions et croyances qui prennent vie sous forme de personnages fictifs et fantasmés, nés dans un lieu où sacré et profane se rencontrent.

Eros (la vie) et Thanatos (la mort) sont au cœur des œuvres présentées dans l’exposition. En effet, les deux principes s’opposent malgré leur interdépendance comme cela est illustré dans « Desde Siempre y Hasta Nunca » où le concept de préservation de la vie et des pulsions sexuelles (Eros) est associé de façon charnelle à la figure du squelette (Thanatos). Ainsi, ces deux notions sont convoquées dans ces œuvres et symbolisent le dialogue intérieur de l’artiste, comme une analyse psychologique de son propre sens de l’ambiguïté et de la complexité de son for intérieur.

« Desde Siempre y Hasta Nunca », graphite and gouache on paper with wax, 102.5 x 134 cm, 2018.

« Desde Siempre y Hasta Nunca », graphite and gouache on paper with wax, 102.5 x 134 cm, 2018.

Selon l’artiste, l’art latino-américain se définit par la recherche d’identité et tisse donc des liens très étroits avec les problématiques politiques contemporaines. Sandra prétend pourtant se distinguer de cette relation supposément inévitable en s’intéressant plutôt aux cultures populaires, à l’Histoire et aux différents cultes et religions d’Amérique du sud (de la religion syncrétique Santa Muerte qui emprunte des éléments du catholicisme à la religion aztèque ainsi qu’au folklore mexicain).

L’artiste fait également référence à la religion Yoruba – provenant de l’actuel Nigéria mais également pratiquée dans certaines régions d’Amérique du sud – dans « Los Caminos de Yemayá ». Yemaya, la mère de tous les enfants sur Terre et de ce fait, source de vie, s’est vue attribuer différents « chemins » qui peuvent être interprétés comme différentes vies, formes ou différentes possibilités de vies offertes à chaque mère.

« Los Caminos de Yemayá », graphite, gouache and sanguine on paper with wax, 107 x 156 cm, 2018.

« Los Caminos de Yemayá », graphite, gouache and sanguine on paper with wax, 107 x 156 cm, 2018.

Sans surprise, les carnavals sud-américains sont une de ses principales sources d’inspiration que l’on retrouve dans ses dessins troublants et énigmatiques représentant des figures grotesques et déformées qui paraissent piégées entre rêve et chimère comme dans « El Vacio de la Mascara » ou « Capitan Deseo ».

À travers l’élaboration d’un processus de production similaire à un rituel magique durant lequel elle plonge ses dessins dans de la cire d’abeille, Sandra Vásquez de la Horra leur confère implicitement et symboliquement l’aura d’une relique dont certains dessins plus explicites finissent de compléter la puissance à l’instar de « The Lady of the Land of the Dead ».

« El Vacio de la Masácra », watercolor, graphite on paper with wax, 56 x 38 cm, 2018. « Capitan Deseo », watercolor, graphite on paper with wax, 56 x 38 cm, 2018.

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« Lady of the Land of the Death », graphite and gouache on paper with wax, 234 x 107 cm, 2018.

« Lady of the Land of the Death », graphite and gouache on paper with wax, 234 x 107 cm, 2018.

Dans ses expositions, l’artiste dispose ses travaux au moyen de larges installations murales et présente chez VNH Gallery deux de ses maisons tridimensionnelles, effaçant ainsi la ligne tracée entre deux médiums rarement associés, la sculpture et le dessin.

« L de Loser », graphite on paper with wax, 18 x 16.5 cm, 2018.

« L de Loser », graphite on paper with wax, 18 x 16.5 cm, 2018.