The Hacker : un flot d’énergie qui persiste

Le Dj grenoblois The Hacker réveille les salles de concerts avec une force techno-dark qu’il apporte depuis la fin des années 90. Il a d’ailleurs donné les bases du mouvement electroclash avec ses premiers albums « 1982 » et « Franck Sinatra ». Aujourd’hui, il propulse cette vitalité dans les salles colombiennes dans le cadre du festival français, les Nuits Sonores.

Comment avez-vous commencé dans la techno ?

J’ai commencé au début des années 90, je faisais de la musique dans un petit groupe. À l’époque, je gérais les styles acide et house. Puis, j’ai commencé à jouer tout seul dans ma chambre, j’avais un synthé et une boîte à rythme. Au début, je n’étais pas Dj, je cherchais vraiment à faire de la musique alors j’achetais du matériel.

Il était compliqué de réussir en France dans les années 90 ?

À l’époque, la techno avait une mauvaise réputation, c’étaient des soirées illégales dans des entrepôts ou endroits comme ça. On disait que c’était de la musique de drogués, donc, ce n’était pas évident, ça n’a rien à voir avec aujourd’hui où la techno a une bonne réputation.

Qu’est-ce qui vous a permis de vous faire remarquer ?

Ce qui a vraiment déclenché mon succès c’est quand j’ai commencé à jouer avec Miss Kittin. On se connaissait parce qu’on faisait partie des premières personnes à s’intéresser à la techno et aux raves à Grenoble, d’où on venait. Caroline avait commencé à mixer très tôt, elle tournait déjà dans différentes régions françaises. Un jour, elle m’a appelé et m’a dit : « Michel, on m’a demandé de faire une compilation » et comme elle n’avait pas de matériel, elle m’a proposé qu’on fasse un truc tous les deux. Donc, on a fait un morceau et ça marchait bien. Puis, on en a fait d’autres. Ce qu’on faisait n’intéressait pas les producteurs en France. En revanche, on a eu de l’intérêt auprès de labels en Allemagne, notamment avec le Dj Help, à Munich.

À partir de quand votre travail a commencé à avoir de succès en France ?

De 1997 à 2001 on était de partout en Allemagne, en Belgique, en Hollande, sauf en France, car à cette époque, c’était la période french touch, le son un peu disco, daft punk qui marchait beaucoup alors qu’on faisait de la musique l’électro influencée par la new wave. Une fois que ce mouvement ait grossi, les producteurs en France se sont rendus compte qu’il y avait des artistes français qui faisaient déjà ça. À ce moment-là, ils ont commencé à nous contacter. Nous sommes arrivés en même temps que David Carrera et Vitalic, par exemple. Et puis, à partir de 2001, on était partout.

Comment perdurer pendant 20 ans ?

Je pense qu’il faut être fidèle à un style, être régulier à ce qu’on fait et ne pas changer dès qu’il y a une nouvelle mode. J’ai toujours fait ça, ce qui ne veut pas dire que je n’écoute pas d’autres choses, mais je pense que pour durer, il faut avoir une identité musicale forte. Après, il y a des moments où ma musique n’est pas à la mode alors ça marche moins, mais ce n’est pas grave, je continue et comme la musique est un cycle, il y a d’autres moments comme actuellement où ce que je joue fonctionne. J’ai toujours pris exemple sur des groupes que j’adore comme Depeche Mode, on peut dire qu’ils font toujours la même chose, mais j’aime ça, c’est un groupe qui a une personnalité marquée qu’on reconnait tout de suite.

Comment décrivez-vous votre musique ?

Ma musique est un mélange d’électro, de techno, avec un petit côté des années 80 parce que c’est de là d’où je viens.

Que pensez-vous de cette collaboration avec la Colombie ?

J’étais déjà venu en Colombie avec Miss Kittin, on a toujours bien accroché ici. Cette année, j’étais intéressé de revenir et de travailler avec les Nuits Sonores 2018.